ANGUISON
Prieur de Contamine, chambrier de Cluny, télépathe....

On sait que l'Evêque Guy de la Famille des de Faucigny, fit don à la communauté des Bénédictins de Cluny de "l'église de Sainte-Marie sise en une localité dite Contamine, au bord de la rivière Arve, avec tous les biens y annexés : serfs des deux sexes, chapelles et églises, vignes, champs, prés, bois, eaux, ruisseaux, moulins, passages, terrains cultivés ou en friche, le tout en toute son intégrité…" en 1083.

Les sires de Faucigny continuèrent de confier aux prieurs de nouvelles terres à exploiter et d'églises à administrer. Le ministère (1140 à 1155 ou 1160) du deuxième prieur connu, Anguison, fut troublé par un procès intenté par Bernard, prieur de la Novalèse qui ne voulait céder les églises de Châtillon et de Thyez.

Un accord, confirmé en 1155 par Arducius et Aymon de Faucigny, vint sceller cette affaire : Anguison dû payer quinze cents sols pour avoir la paix sur les domaines clunisiens.

Probablement issu d'une famille noble (peut-être de celle de Lucinge), Anguison était l'ami des sires de La Roche. Après avoir mené une vie de chevalier, comme les seigneurs de son temps, Anguison songea à se consacrer à la vie religieuse, dans l'Ordre des Clunisiens, dont la réputation était considérable à cette époque. Il fut chambrier particulier de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, et prieur de Contamine.

Le chevalier Pierre de la Roche eut une violente altercation avec le curé de Saconnex au sujet du paiement d'une certaine dîme. Fatigué de la vie qu'il menait et désirant sans doute expier ses fautes et assurer le salut de son âme, il partit pour Jérusalem.

Avant son départ, Pierre avoua à son ami Anguison, avoir poursuivi et frappé le prêtre.

Endormi dans sa cellule, la volonté inerte, le cerveau à l'abri de toute influence extérieure, le moine se trouvait dans des conditions parfaites de suggestibilité.

Loin de lui, quelque part sur la route de Jérusalem, Pierre de La Roche va mourir. A cet instant les phases de sa vie se déroulent avec netteté en sa mémoire et il revoit avec remords et crainte d'une punition éternelle, la scène où il a frappé le curé de Saconnex. Il pense fortement à son ami qui seul peut lui venir en aide. Les ondes psychiques vont faire vibrer les cellules du dormeur ; des sensations particulières de vue et d'ouïe s'éveillent avec une telle intensité qu'Anguison croit voir le chevalier et l'entendre parler.

Le prieur de Contamine alla trouver l'Abbé de Cluny, lui apprit le trouble qu'il éprouvait depuis son rêve et manifesta le désir de remplir les volontés de Pierres, dont il ignorait la mort. Anguison quitta Cluny vers 1124, alla à Saconnex et obtint du curé la confirmation du récit de son ami. Il se dirigea ensuite vers La Roche, où il vit ses parents qui indemnisèrent le prêtre de la perte et de l'injure qu'il avait subies.

Après un séjour à Contamine, où il régla les affaires du prieuré, il retourna à Cluny où il devint en 1129 ou 1130, chambrier.

C'est quelques temps après qu'il apprit la mort de Pierre sur la route de Jérusalem.

Anguison serait né vers 1080 et décédé postérieurement à 1160, âgé d'environ 80 ans.

Collationné par Andrée Blanc d'après :

  • "Note sur le prieur Enguiso", un cas de télépathie au moyen-âge" – Imprimerie Abry, Annecy, ouvrage consulté à la bibliothèque de Bonlieu (9072 - 5 B 22).
  • Bouchage – Le Prieuré de Contamine-sur-Arve et les Sœurs du même lieu – Imprimerie Drivet et Ginet Chambéry 1889.

Un cas de télépathie m'a été raconté par une amie : Pendant la guerre de 1914-1918, son grand-père ayant entendu un énorme bruit pensa immédiatement qu'il était arrivé un malheur à son fils mobilisé. Quelques temps après, il apprit que Eugène avait été tué au combat à l'heure où s'était produit ce fracas à Bellevaux.

Blanc Andrée

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