Chapelle conventuelle
ornée de peintures murales

Dédiée à Notre Dame du suffrage, bâtie semble t'il en 1677 par les Barnabites, elle se trouve englobée dans une aile du bâtiment sud-ouest depuis le 18ème siècle (probablement en 1764).
Cette pièce carrée de 8 mètres de côté et 4 mètres 50 de haut, avec un pilier central en granit soutenant quatre voûtes d'arêtes portent des peintures murales sur toutes les faces, recouvertes aujourd'hui de badigeon.
Ces fresques classées parmi les Monuments Historiques, par arrêté ministériel datant du 28 février1923 sont déclassées en 1944.
De 1929 à 1936, de nombreux courriers émanant du Ministère, de la Préfecture… sont adressés au directeur de l'Ecole d'Agriculture, le priant d'aménager le fruitier ailleurs.
Le proviseur rétorque qu'il n'a pas les fonds nécessaires… que l'école ne dispose d'aucun autre local… que la provision importante de fruits nécessaires ne peut se faire que dans un local approprié…

Monsieur Raillon note, le 18 septembre 1936 que les peintures sont au-dessus des rayonnages aménagés contre les murs et qu'elles n'ont pas été détériorées au moment de leur pose.

Lors de la séance du Conseil Général du 17 novembre 1936, Monsieur Trappier présente un rapport sur le sujet : on a utilisé la chapelle pour y installer une fruiterie comportant des casiers le long des murs provoquant une humidité qui risque d'altérer les peintures… Il y a lieu de rechercher à qui incombe la responsabilité d'une telle initiative. Il y a négligence de la part de l'Administration des Monuments Historiques qui n'a pas exercé une surveillance vigilante, mais aussi une responsabilité à établir au sein de l'administration de l'Ecole…

Le 17 juin 1943, Monsieur Sallez, architecte en chef des Monuments Historiques adresse un courrier au Ministre de l'Education Nationale : A plusieurs reprises votre attention a été attirée sur les peintures murales classées. L'ancienne chapelle où elles se trouvent sert actuellement de fruitier à l'Ecole d'Agriculture ; elle est contiguë

au local du chauffage central dont l'installation est antérieure au classement… Je propose le déclassement pur et simple de ces peintures…

Par un courrier du 5 mars 1944, Monsieur Blanchard, architecte départemental, service des Monuments Historiques avoue que, faute de personnel suffisant, et ne pouvant se déplacer faute d'essence, il lui arrive d'autoriser des travaux et régler des factures sans avoir vu les lieux !
L'arrêté ministériel déclarant le déclassement des peintures murales de la chapelle est daté du 12 juin 1944.
Située au rez-de-chaussée à l'extrême ouest des bâtiments du prieuré, cette chapelle se trouve isolée sur la mappe de 1730.
Percée dans le mur est, la porte de la chapelle se trouve à la même place que la porte d'accès originale.
La chapelle est éclairée au nord par deux baies rectangulaires ébrasées, avec linteaux en anses de panier qui donnaient sur un jardin ; les embrasures et les allèges reposent sur des cous sièges pleins.
Dans le mur sud, deux fenêtres donnant sur le chemin conduisant à l'église, ne sont pas contemporaines de ces deux baies. A l'origine, il y avait plutôt des armoires dont la forme faisait le pendant avec les deux baies nord.
Le système de voûtement consiste en quatre voûtes d'arêtes quadripartites dont les retombées sont amorties au centre de la chapelle par un pilier à fût cylindrique. L'abaque de forme carrée et la base du fût sont ornés de motifs décoratifs sculptés.
Face à la porte, se trouvait le siège imposant du prieur, dont les pieds-droits surmontés d'un chapiteau, étaient destinés à supporter un entablement recevant un fronton couronnant l'ordonnance architecturale.
Adossés au mur, sur tout le pourtour de la salle, se trouvaient les stalles à dossiers d'une hauteur d'un mètre cinquante environ.
L'autel s'appuyait contre le mur sud entre les deux armoires.
Les peintures murales sont présentes sur tous les murs de la pièce. De part et d'autre de l'autel se trouvaient à l'ouest une Annonciation, à l'est la Circoncision. Se faisant face, se développaient au sud du mur ouest la Présentation au Temple de la Vierge. Une Adoration des Mages et le Massacre des Innocents étaient représentés au nord du mur est.
Des scènes ayant trait à la vie de Saint Jean Baptiste devaient se dérouler sur le mur nord et sur la zone nord du mur ouest.
Les arêtes des voûtains blancs sont soulignées de guirlandes de feuilles d'acanthes liées par un ruban ocre rouge torsadé.
Les embrasures des deux baies nord sont ornées d'un décor de panneautage dans lesquels sont inscrits des rinceaux de gris rehaussés d'ocre rouge.
La colonne centrale, elle aussi, était peinte.
Cette pièce devait avoir une double fonction : celle de salle capitulaire et de chapelle.
Ces peintures sont protégées heureusement par une couche de badigeon.